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Le rappeur Weld El 15 relaxé en appel

Jeudi 5 décembre, au tribunal de Hammamet c’est la vie d’un jeune artiste qui est en jeu. Weld El 15 est tunisien. Il a 25 ans. Cette année, il a déjà été en prison pour une chanson. Aujourd’hui, il risque encore une fois de se retrouver derrière les barreaux. Son crime ? Avoir donné un concert dans un festival à Hammamet le 22 août dernier.

 

Signez et diffusez largement la pétition pour demander sa libération. Votre clic sauvera peut être une vie

Il y a tout juste un mois, Walid Denguir, un jeune tunisien de 32 ans meurt sous le coup de la torture dans un commissariat de Tunis à deux pas de là où Weld el 15 a grandi. Selon les associations de droits de l’homme, il a été « victime d’une torture sauvage de la part des agents de police».
 Si Weld el 15 est de nouveau emprisonné, il risque de subir le même sort.
 L’affaire remonte au 13 juin. Ce jour-là, Weld el 15 est condamné par le tribunal de Ben Arous à deux ans de prison ferme pour sa chanson « Boulicia Kleb », où il dénonce la violence policière et une justice à deux vitesses. Une mobilisation de la société civile tunisienne et à une pression médiatique internationale, ont ramené sa peine à six mois avec sursis lors de son procès en appel le 2 juillet dernier.
 Depuis sa libération, Weld el 15 vit dans une prison à ciel ouvert. Tout l’été, il a été victime d’intimidations policières et judiciaires quasi quotidiennes. Sur les réseaux sociaux, des fonctionnaires de police le menacent de mort. Il est même inquiété jusque chez lui où des policiers en civil viennent effrayer sa famille.
 Le 11 août dernier, alors qu’il est à la terrasse d’un restaurant à Sousse avec son amie, Weld el 15 est reconnu par des policiers qui vont l’insulter et le pousser à bout, le jeune homme leur répond, il est immédiatement embarqué au poste où il se fait tabasser.
 L’unique concert auquel Weld el 15 participe cet été se termine par l’irruption d’une trentaine de policiers cagoulés dans les loges. (Festival de Hammamet le 22 août dernier) Weld el 15 et le rappeur Klay BBJ sont arrêtés et violemment battus au point qu’ils ont du être admis aux urgences de l’hôpital.
 Une semaine plus tard, Ghazi Mrabet l’avocat des rappeurs apprend par voix de presse qu’un procès s’est tenu le jeudi 29 août au tribunal de Hammamet et que les juges ont condamné par contumace les deux artistes à un an et 9 mois de prison ferme. Un procès auquel les artistes n’ont pas été convoqués et qui s’est donc déroulé en l’absence des prévenus et de leur avocat.
 Aujourd’hui, la Tunisie met ses artistes en prison pour le simple fait de monter sur scène et de donner un concert. Et c’est toute une jeunesse qui sait que la justice tunisienne n’en est plus une ; qu’elle est capable de produire un simulacre au service du puissant corps de la police, héritier du système Ben Ali.
 En écoutant le président tunisien au Parlement Européen, on a pu croire que la Tunisie avait fait sa révolution ! Ce sont là des promesses d’Etat de Droit pour la Méditerranée « côté nord ». Côté sud, à Tunis, c’est la violence des commissariats et des policiers qui continuent de torturer des citoyens ordinaires comme du temps de Ben Ali.
Depuis le 29 août, Weld el 15 était en cavale, il refusait de se rendre à une justice dont il avait la certitude qu’elle serait partisane et arbitraire. Mais après trois mois de cavale, sa situation devient intenable. Il ne veut plus vivre caché, hors du monde, loin des siens, mis à l’écart de la scène musicale, rongé par l’angoisse d’être arrêté à tout moment. Il a demandé à son avocat de faire opposition à son jugement du 29 août. Le procès a été fixé au jeudi 5 décembre.
 Le 5 décembre, C’est la vie d’un jeune artiste de 25 ans qui est en jeu. Il risque une fois de plus de subir la violence de ses geôliers, une violence qui peut aller jusqu’à entraîner la mort.

Faut il mourir pour une chanson ?
 Depuis la diffusion sur youtube du clip de sa chanson Boulicia Kleb (« les flics sont des chiens »), Weld el 15 est devenu une icône, la voix de la rébellion. En quelques semaines, le clip a dépassé le million de vues sur internet (3 millions et demi de vues à ce jour). Dans ce morceau, il raconte son histoire, celle d’un jeune arrêté pour consommation de cannabis, tabassé par les policiers et jeté en prison (en 2012, il passe 9 mois derrière les barreaux pour un joint). Il lance un débat sur la violence policière et remet en question l’une des principales forces en présence dans le pays, puisque malgré la fuite du dictateur, le corps de la police n’a toujours pas été réformé.
 Weld el 15 a décrit la réalité et il a touché des millions de jeunes. C’est pour cette raison que la police crie vengeance sur les réseaux sociaux, et ne ratera pas une occasion de le faire tomber. Elle veut faire de lui un exemple. Et elle a le pouvoir d’influer sur la décision des juges.
 Ne les laissons pas agir. Il est de notre devoir à tous de nous soucier de son sort et d’alerter l’opinion publique et les médias européens pour que la justice tunisienne se sente observée et n’agisse pas en toute impunité.
 A ce titre, déjà, l’avocat français Dominique Tricaud qui a défendu les artistes La Rumeur et Ministère amer en France se rendra mercredi à Tunis pour participer à la défense de Weld el 15.
Une pétition http://freeweldel15.wesign.it/fr témoigne depuis cet été du large soutien apporté à l’artiste en Europe et en Tunisie.
De par son prix Nobel, son histoire, et sa vocation, l’Union européenne sera vigilante et exigeante ce 5 décembre pour l’appel à la vie de l’artiste Weld El 15, l’appel au destin d’une jeunesse tunisienne.
  Signons et diffusons largement la pétition 

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